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Les manifestations des appétits
Zola, dans ses études préléminaires décrit le projet des Rougon Macquart comme " l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire", les différents personnages réagissant selon leur hérédité (aspect familial ) mais aussi selon le milieu c'est à dire la société du Second Empire. La famille ainsi décrite est assez grande pour que l'on trouve de ses représentants dans toutes les classes sociales, ce qui permet de déterminer quelles sont les différentes conséquences des influences du milieu sur des personnes semblables puisque de la même famille, mais cela souligne aussi les caractéristiques de ces différents personnages au delà de leurs classes sociales soit parce que l'hérédité a prédominé sur l'influence du milieu, soit parce que le milieu prend le pas sur l'hrédité. Or, les travaux préparatoires de Zola montrent que le dénominateur commun des Rougon Macquart est leur excès d'appétit entendu comme la tension nerveuse vers le but du personnage, comme le désir de parvenir à tel ou tel objectif. A ce titre, La Curée, Le Ventre de Paris et son Excellence Rougon sont de bons exemples de cette particularité familiale.
On pourrait regrouper La Curée et Son Excellence E. Rougon d'une part, et d'autre part le Ventre de Paris en ce que les deux premiers dépeignent la vie des frères Aristide et Eugène qui sont parvenus à pénétrer le monde de la bourgeoisie alors que le Ventre de Paris décrit la petite bourgoisie commerçante des Halles. Toutefois, le classement par type d'appétits rappproche la Curée et le Ventre de Paris car c'est la soif richesse qui guide les actions des personnages; Son Excellence montrant un Eugène avide de pouvoir et peu soucieux de la richesse.
Toutefois, les manifestations et les symboles des ces désirs inassouvissables diffèrent d'un roman à l'autre.
En effet, le thème principal du Ventre de Paris est l'abondance de nourriture, ce qui renvoit au sens commun d'"appétit" mais qui surtout vien symboliser le besoin de confort matériel d'une classe montante au 19e siècle. Il ne s'agit pas seulement de calmer la simple faim mais de montrer par son embonpoint son aisance financière, ce sont les premières manifestations d'une possiblilité de superflu pour une classe qui, deux génération auparavant, ne pouvait bénéficier d'un tel luxe. Opposition entre les gros et les maigres dans leVentre de Paris. Ici, l'appétit de Lisa Macquart et des Quenu est donc le signe extérieur de sa situation financière florissante.
Dans La Curée, c'est la soif de l'or qui guide Aristide comme le montrent le titre et l'extrait de son arrivée à Paris. Le nom commun Curée désigne en effet une lutte avide ( Larousse) et l'expression " en curée " signifie être "excité par l'appât de certains avantages" ( Larousse) . On trouve en effet dans l'ouverture du chapitre un très dense champ lexical du combat, de la rage et de la colère : Rougon s'abatit sur Paris, enrageant, maudissant, parlant de Paris avec des appétits de loup. Il est plus loin décrit comme un homme prêt à franchir tous les fossés et dès le soir de son arrivée, il part " battre Paris". Puis tout au long du roman, on le voit conclure sans cesse des affaires, spéculer fébrilement et ce, alors qu'il vit déjà dans un grand luxe, seulement par soif de l'or.
Enfin, Son Excellence Rougon est plus complexe de par le point de vue adopté par Zola quasiment jamais en vision subjective, les motivations du héros sont donc plus difficiles à cerner , on ne peut que les supposer. Le moteur principal d'Eugène semble être le pouvoir tant il est triste et désemparé pendant ses moments de disgrâce en vers l'empereur. Ce qui laisse un doute est la descritpion d'un homme lourd aux yeux ensomeillés évoluant dans un monde politique pletn de finesses et en constante évolution, il ne semble pas appartenir à ce monde, ni même manifester à son égard une attenion particulière mais alors pourquoi avoir accordé des faveurs à son entourage au risque de perdre sa réputation et sa force ? Par amitié ? Il ne semble pas car ces personnes semblent juxtaposées les unes contre les autres sans que rien les rapproche entre elles et sans qu'elles ne manifestent de l'amitié pour Eugène. Tout ce qui les intéresse est l'arrivée dans les hauts postes de l'Etat et ils ne cotoient Eugène que pour obtenir des promotions. D'ailleurs pas ce dernier ne manifeste que peu de considération à leur égard : souvent à l'écart dans leurs réunions, il ne manifeste de la courtoisie que pour asseoir son pouvoir sur des personnes qui lui sont redevables. Derrière cette face un peu empatée, il se cacherait donc un effroyable calculateur attiré par le pouvoir comme d'autres membres de sa famille le sont pour la richesse et si comme eux il fait tout pour atteindre son but, il agit moins fiévreusement et dans la durée comme le montre la succesion de ses postes entrecoupée de moments de disgrâce. Il se relèvera même du coup que lui portera Clorinde et du scandale de la perquisition dans un couvent. Il est l'eau qui gronde à l'intérieur quand les autres ne sont que les torrents qui dévalent la montagne à toute allure. Son amour du pouvoir n'est aucunement lié à unr soif d'argent comme l'écrit lui même Zola, il recherche le pouvoir pour le pouvoir, le manie avec force, poigne sans tendresse et commet ainsi des erreurs en s'emportant ( perquisition dans un couvent, accord de faveur à des personnes non méritantes, aides à des opérations financières douteuses, censures abusives). Le pouvoir est chez lui le besoin de manipuler l'autre, de le dominer pour qu'il soit à sa merci, pour qu'il agisse selon sa volonté.
Ainsi, si les manifestations des appétits sont si diversifiées, il en découle pour tous les cas des conséquences graves et ce, de par cet excès d'appétits.
L'excès de désir entraîne en effet les personnages droit vers leur but quelqu'en soit les conséquences. C'est le cas de Lisa Macquart dans le ventre de Paris qui n'hésite pas à dénoncer son beau frère pour maintenir sa prospérité commerciale. (lien vers le Ventre de Paris) mais on retrouve aussi le même comportement chez Aristide utilsant sa femme pour financer ses spéculations. Plus grave encore dans la Curée, l'acceptation par Arisitide que sa femme le trompe avec son fils ( Renée n'est pas la mère de Maxime) pour garder ses faveurs dont il a besoin.
Les dérèglements du couple Renée, Maxime sont résumés dans le parallèle établi par Zola entre Phèdre et Renée ( cette dernière assiste en effet à cette tragédie et se compare à elle).Toutefois, il semble que Renée se rapproche plus de la Phèdre de Pradon que celle de Racine. En effet, elles sont toutes deux poussées par un désir physique et ne se sentent pas tiraillées par leur morale. Si à la fin du roman, Renée semble prendre en conscience de sa perversion, elle rejette les torts sur les autres et non sur elle. Cependant Racine explique les actes de son personnages par le manque d'ampiur du couple, ce qui apparaît être le cas ici, Renée n'ayant épousé Arsitide que pour donner un père à son enfant illégitime et lui ne s'intéressant qu'à sa fortune. Une autre cause apparaî en ouverture du roman : c'est l'ennui et le désir de vivre des choses inhabituelles qui l'accompagne. C'est ce désir qui ne se porte sur rien du fait de la lassitude qui conduit à la dégénérescence de la personne, le désir sans objet appraît donc plus ravageur que le désir fou des autres personnages. Maxime, le fils d' Arsitide est quant à lui dénué de désir, il a hérité de la molesse de sa mère et se laisse ainsi entrainer par sa belle mère sans s'en avoir l'air ni heureux, ni mécontent.
Pour un résumé de l'histoire de Phèdre : http://membres.tripod.fr/espacegrg/tr.html#ch3
Comme nous l'avons déjà montré, Eugène ne laisse pas son être dévoré par la passion, les conséquences de celle ci sont de simple erreurs. Cependant, son désemparement quanfd il perd le pouvoir, son inactivité comme si sa vie n' était faite que de çà laisse présager une attaque nerveuse en cas de perte prolongée du pouvoir. D'ailleurs, sa liaison avortée avec Clorinde montre un aspect fébril du personnage. Il est ainsi frappé par une sorte d'accès de folie quand il entraîne Clrinde dans l'écurie, résistant et même incité par les coups de cravache que celle ci donne pour se défendre. Clorinde est en effet la seule personne qu'il n'arrivera pas à dominer et ses égarements devant le constat de son impuissace montrent bien que le fibre du pouvoir règne en lui et quelles seraient les conséquences du perte totale et définitive du pouvoir. De plus, comme Arsitide et Lisa il est prêt à tout acte pour garder ou acquérir le pouvoir comme le montre le dernier chapitre du roman qui se clôt sur un long discours de rougon revenant sur toutes les positions anti cléricales et anti libertaires qui lui avaient valu sa précédente disgrâce. Seule le pouvoir compte qu'importe les idées qui guide celui - ci.
La Curée : http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/biblio/foire_aux_textes/auteurs/zola.html
Son Excellence Eugène Rougon :http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/biblio/foire_aux_textes/auteurs/zola.html
Articles connexes
L'ascension sociale dans le Ventre de Paris et Nana
Le matérialisme du XIX siècle http://www.multimania.com/plavergne/grouptxt3.htm
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